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Sur l’application de l’Approche par Compétences au secondaire

25 01 2012

De quoi et de qui la réussite d’un cours d’anglais dépend-elle ?
Par : D.Messaoudi

La réussite d’un cours d’anglais préparé et exécuté en troisième palier de l’enseignement selon l’Approche par Compétences (désormais APC) dépend, à des degrés différents, de trois principaux  facteurs : des apprenants, de l’enseignant, et de l’environnement dans lequel se déroule l’opération apprentissage-enseignement.  Dans ce qui suit, nous allons traiter en détails de chacun de ces points et nous répondrons ensuite avec plus de précision à la question posée en titre.

Les apprenants :
Le niveau des connaissances et la motivation des élèves jouent un rôle primordial dans le déroulement normal du cours. Une classe dont le niveau de connaissances académiques et de culture générale est très bas (1) sera confrontée à des problèmes quasi-insurmontables, car les thèmes et les activités suggérés dans le nouveau manuel scolaire algérien réfèrent à des cultures très développées et des situations très compliquées et le tout doit être lu, écrit, dit et écouté en une langue très riche sur les plans grammatical et lexical. Il va de soi que lorsque la majorité écrasante de la classe bute sur un mur de problèmes infranchissable, elle perd toute motivation, se laisse noyer dans la négligence et vire même vers l’indiscipline. Et pour exprimer, inconsciemment, leur totale désorientation, les élèves les plus désespérés crient des troubles et s’adonnent à des actes de vandalisme à l’intérieur et aux alentours de leur classe, criant de ce fait un climat encore plus défavorable aux études.  

L’enseignant :
Pour être en mesure d’enseigner avec la méthode dite APC, il ne suffit pas que l’enseignant en possède des connaissances théoriques très solides, mais il faudra surtout qu’il trouve un cadre adéquat dans lequel il pourra mettre en pratique ces savoirs. Or, en passant au lycée, nos élèves se retrouvent avec des profiles d’entrée trop bas qui nous renseignent de l’existence d’une défaillance au cycle moyen et qui indiquent que les élèves ne sont pas aptes à entamer les programmes du secondaire. C’est vrai qu’après analyse des données recueillies grâce au teste diagnostique du début de l’année scolaire, l’enseignant sera tenté de réparer quelques lacunes relatives à la langue à travers des séances de révision, mais contraint d’être à jour dans les programmes dont il est chargé à son niveau et la lacune liée à la culture générale (2)  demeurant béante chez les élèves, il démarrera ses cours sur des bases fragiles, ce qui mène droit vers l’échec.     

L’environnement :
La surcharge des classes et la multiplicité de classes (3) attribuées à l’enseignant sont deux principales entraves à l’application de l’APC. Pour que l’enseignement et le suivi des élèves se déroulent comme le préconise cette méthode, l’enseignant ne doit normalement prendre en charge que trois classes au maximum dont chacune ne doit pas dépasser 25 élèves.
La société dans laquelle évolue l’apprenant peut aussi rendre efficace ou inefficace, voire possible ou impossible, l’application de ladite approche dans l’enseignement de l’anglais en Algérie. Dans les zones urbaines, où sont disponibles aussi bien à l’établissement qu’en dehors de celui-ci toute sorte de moyens (bibliothèques, librairies, Internet, laboratoires de langue, etc.), il est plus facile à l’élève de se préparer au cours, d’approfondir ses connaissances et d’effectuer des recherches pour le projet que lui assigne sont enseignant.  Au contraire, dans les zones rurales, où règne le désert culturel, les élèves ne peuvent être autonomes, comme le recommande l’APC, car tout ce qu’ils apprennent le doivent presque uniquement à leur enseignant, qui se voit ainsi devenir le dispensateur de la connaissance au lieu du simple guide vers la connaissance et la compétence.

En conclusion, la réussite du cours d’anglais en Algérie dépend plus de l’élève et de son environnement que de l’enseignant. J’ose dire que quelque soient la volonté et la compétence de celui-ci, s’il y a défaillance au niveau de l’élève et de son environnement, le cours sera inévitablement raté. La source du problème maintenant connue, on n’a pas le droit de fermer les yeux et de continuer aveuglément à faire pression sur l’enseignant afin d’appliquer une méthode destinée initialement aux élèves dont la langue-mère est l’anglais et dont les conditions d’apprentissage sont incomparables à celles des élèves algériens. 

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 1- En dépit des quatre longues années passées au cycle moyen, beaucoup d’élèves arrivent au lycée avec des connaissances étonnamment médiocres en matière d’anglais et un niveau de culture générale désespérant. En entamant leur première année au secondaire, ils seront ainsi confrontés à une difficulté à double tranchant : la langue et le thème lui servant de support. Une des recommandations de l’Approche par Compétences, à savoir l’interaction entre élèves ou entre élèves et enseignant, est déjà rendue impossible. Or, dans les sociétés où l’anglais est la langue-mère ou une langue officielle, le problème de langue ne se pose pas et l’élève comprendra ce qui se dit ou ce qu’il lit, et saura s’exprimer dans toute sorte de situation.

2-  L’APC recommande à l’enseignant d’entamer son cours par ce qui est appelé « mobilisation des connaissances » ; l’élève est supposé posséder déjà des idées au sujet de ce qui va être étudié et il suffit qu’il les réinvestisse d’une manière ou d’une autre, sinon avec le coup de pousse de son enseignant, pour trouver la solution du problème. Or, cela s’avère souvent faux ; que ce soit au niveau de la langue ou au niveau du thème, nos élèves n’en ont presque rien qui puisse être déterré de leurs cervelles pour servir de clef à la situation problématique. Au lieu d’une interaction fructueuse qui fera avancer le cours, un dialogue de sourd s’installe alors en classe et l’échec de la leçon est garanti.

3-  L’approche par Compétences exige de l’enseignant, en plus de préparation détaillée de cours, un suivi quotidien des élèves ; l’enseignant devra posséder une grille d’évaluation qui embrassera et le côté comportemental de l’élève et le côté relatif à l’apprentissage. Mais comment cela sera-t-il possible si le nombre d’élèves par classe avoisine ou dépasse une quarantaine et que l’enseignant ait en charge plus de cinq classes ?

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Bibliographie:

-    Hirtt N., 2009 : L’approche par compétences : une mystification pédagogique,  In L’école démocratique N°39. ( www.ecoledemocratique.org )
-    Perrenoud P., 2000 : L’approche par compétences, une réponse à l’échec scolaire ?, in AQPC Réussir au collégial. Actes du Colloque de l’association de pédagogie collégiale, Montréal.


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